Résolution
Lors
de la tenue du 1er congrès du SIP CGT le 6
février 2008 à la Maison du
Livre, après avoir analysé la situation
générale et celle de la
Profession, les congressistes ont apprécié le
bilan d’activité de leur
syndicat et ont débattu des orientations à
prendre pour le secteur de
l’imprimerie en général, des secteurs
presse et labeur en particulier,
et des revendications qu’ils devront porter à
l’avenir.
Le
congrès s’oppose à la politique
destructrice du gouvernement de Nicolas
Sarkozy, cautionnée et appliquée par le MEDEF, et
mettra tout en œuvre,
au travers de ses orientations et de l’activité
militante de ses
mandants, pour la contrecarrer avec leur organisation syndicale CGT.
Cette politique, sous prétexte de permettre aux
Français de travailler
plus pour gagner plus, vise en fait la casse du Code du travail et des
conventions collectives, à généraliser
la flexibilité, allonger le
temps de travail, et les annuités de cotisations et de
reculer l’âge de
la retraite.
L’ensemble des congressistes
dénoncent le fait que
soient mis à bas la notion de service public,
(énergie, transports,
santé, communications, culture, éducation, etc.),
la protection
sociale, les conventions collectives, la retraite par
répartition, les
régimes spéciaux, la
Sécurité sociale.
Ils condamnent et
refusent la politique gouvernementale et sa mise en œuvre par
les
privatisations, délocalisations, ainsi que la remise en
cause des 35
heures, du Code du travail ou des droits acquis ainsi que des droits
syndicaux et prud’homaux par la mise en place d’une
nouvelle carte
judiciaire, etc.
Concernant la Profession, malgré la poursuite
de
la crise en presse quotidienne écrite, (érosion
du lectorat et baisse
des budgets publicitaires), les grands groupes économiques
continuent
les concentrations et leur repositionnement en presse et en labeur afin
d’élargir leur champ d’intervention.
Pour autant, le SIP CGT avec le
Comité intersyndical du Livre parisien, s’appuyant
sur l’accord cadre
professionnel et social, signé en novembre 2004, veillera
à
l’application et aux respects de ce dernier.
Par cet accord, tous
les dirigeants ou éditeurs des quotidiens nationaux se sont
engagés à
œuvrer à la pérennité des
entreprises de presse, à garantir un avenir
professionnel aux salariés et à
développer l’offre éditoriale et
l’investissement. L’accord définit les
modalités de fonctionnement du
paritarisme dans les domaines de la gestion de l’emploi, de
la
formation professionnelle et de la protection sociale.
L’accord
doit s’appliquer à tous les titres,
qu’ils soient gratuits ou payants,
d’information générale ou hippiques.
C’est là une des conditions du
maintien d’une presse pluraliste dans un environnement
où le
libéralisme tend paradoxalement à limiter la
concurrence en favorisant
les concentrations.
Le SIP CGT rappelle que cet accord, qui
décrit et précise les métiers du
prépresse et de l’impression, comporte
avant tout des perspectives de maintien et de développement
de la
charge de travail, les mesures sociales restant à
définir
ultérieurement entre les parties.
En aucun cas, il n’acceptera
que les principales dispositions de cet accord soient remises en cause
au profit d’un unique plan de mesures
d’âge. Il considère que
l’ensemble des aides de l’Etat doit concourir
à une véritable relance
de la presse nationale et régionale et ne peut se fixer
comme seul
objectif une réduction drastique des effectifs qui
compromettrait la
sortie même des titres.
Dans le droit fil des accords de 2004,
garantissant la préservation du pluralisme en presse, les
congressistes
mettront tout en œuvre pour que les accords signés
soient respectés.
Ils
combattront tous projets de concentrations mettant en péril
une
organisation adaptée à la bonne fabrication de
l’ensemble des
quotidiens en termes techniques, d’horaires ou de
distribution
Ces
projets, qui définissent de nouvelles orientations et de
nouveaux
objectifs en termes de production, se profilent sans que les acteurs de
la production ou les représentants syndicaux n’en
soient informés. Sans
concertations et négociations préalables de la
part des éditeurs et
sans relation aucune avec les accords négociés ou
existants, la remise
en cause du pluralisme en presse quotidienne nationale risque de
devenir bientôt une réalité si le
projet porté par quelques éditeurs
devient effectif. Il pourrait, de fait, avoir une
répercussion et des
conséquences sociales graves immédiates.
Le SIP CGT, avec le
soutien inconditionnel de ses mandants, veillera au respect des
engagements de l’ensemble des éditeurs concernant
la pérennité des
sites industriels et des investissements nécessaires, le
maintien et le
développement de la charge de travail existante ou son
rapatriement, et
répondra à toute mobilisation ou appel de ses
différentes instances.
De
fait, le congrès établit comme
impératif immédiat l’ouverture de
négociations pour un règlement rapide de la
situation du journal le
Monde afin d’apporter au plus vite des réponses
à la crise traversée
par le quotidien, notamment :
-
Sur la situation et les perspectives à
court et moyen terme du groupe le Monde ;
-
Sur
les engagements pris concernant les investissements, la charge de
travail et la modernisation de l’outil industriel dans le
respect de
l’accord de méthodes du 27 octobre 2008 entre la
direction et le SIP
CGT ;
-
Sur la mise en place dans le cadre
régional d’une
véritable GPEC (Gestion prévisionnelle des
emplois et des compétences)
à même de contrecarrer l’unique solution
consistant en un plan de
restructuration.
Le plan 2007-2010 annoncé par la
direction des NMPP nécessitera toute la vigilance tant du
SIP CGT que
du Comité intersyndical sur les réformes
engagées et les répercussions
sociales, ainsi que les conséquences potentielles sur les
quotidiens
nationaux
Les
revendications
de notre syndicat SIP CGT
Partant
de la défense du statut et des conventions collectives
propres à la
presse et au labeur, construire de nouvelles solidarités
entre salariés
des deux secteurs et établir des convergences revendicatives
afin que
la manœuvre patronale consistant à les mettre en
concurrence soit
déjouée ;
Défense
du rôle des salariés de la presse dans le
processus de l’impression, la distribution et les
rédactions ;
Politique
salariale et pouvoir d’achat : indice adapté
à notre branche professionnelle ;
Défense
du pluralisme et du rôle spécifique de la presse ;
Développement
d’une politique volontariste d’investissements dans
les entreprises
pour concourir à la réalisation de
l’ensemble des produits presse et de
ses suppléments ;
Développement
de la charge de travail et intégration des gratuits ;
Garantir
le pouvoir d’achat par indexation sur un réel
indice des prix à la
consommation sur les bases de l’objectif de
l’indice FILPAC adapté à
notre branche professionnelle. Pour pallier les incidences du
coût des
produits pétroliers, mise en place de chèque
transports collectifs ou
utilisation de chèques carburants ;
Défense
et amélioration du système de distribution des
quotidiens en préservant
les principes fondateurs sur la mutualisation des coûts
assurant une
mise en place identique de tous les journaux.
-
S’agissant
des conditions de travail, notamment en matière de
sécurité et de
prévention, le syndicat SIP CGT sera
particulièrement attentif à la
mise en œuvre de solutions, curatives et
préventives, tant techniques
qu’organisationnelles, afin de préserver la
santé et l’intégrité
physique de l’ensemble des salariés des
imprimeries. Il réaffirme sa
volonté que soient prises en compte les contraintes du
métier et leur
impact négatif sur les conditions de vie, ce qui justifie
pleinement la
mise en œuvre de départs anticipés
d’une part et la mise en place d’une
véritable retraite à 55 ans d’autre
part. Elle veillera à
l’aboutissement du dossier sur la reconnaissance de la
pénibilité du
travail et des négociations en cours.
-
En matière de
formation professionnelle, l’accord obtenu par le
Comité intersyndical
du Livre parisien doit être un point d’appui pour
la mise en place
d’une véritable sécurité
sociale professionnelle, sur la base des
orientations de notre confédération, pour un
véritable plan de
formation tout au long de la carrière professionnelle des
salariés des
imprimeries de la presse parisienne, des industries graphiques et de la
reprographie.
-
Depuis la constitution du groupe unique
Audiens, la fusion des caisses de retraite et des institutions de
prévoyance, et la création d’une union
de mutuelles depuis le 1er
janvier 2004, le SIP CGT est et sera attentif au maintient
d’un haut
niveau de protection sociale, de services et de qualité. Il
veillera,
dans le respect du paritarisme et des différents accords
entérinés par
les partenaires à ce que se tienne une concertation
permanente avec les
administrateurs issus de notre organisation syndicale, afin
que nos
analyses et nos propositions soient écoutées et
mises en œuvre.
-
Les
congressistes constatent que les résultats obtenus lors des
négociations régionales sont conformes aux
mandats donnés à leurs élus.
Ils réitèrent leur soutien à
toutes les formes de solidarité, ouvrière
et syndicale, nationale et internationale. Leur participation et leur
apport aux différentes initiatives prises par leur
confédération ou les
unions locales et départementales témoignent de
leur attachement au
développement des actions syndicales unitaires.
Situation
syndicale
Concernant
la situation de la structure syndicale, la signature de
l’accord-cadre
du 30 novembre 2004 confirme ses effets. Les signataires, parmi
lesquels InfoCom CGT, SIP CGT, syndicat des correcteurs, SPPS, ont
depuis poursuivi leur objectif, à savoir travailler
à la refonte
syndicale, en phase tant avec les orientations du 6e congrès
de leur
fédération, la FILPAC, qu’avec
l’évolution de notre secteur étant
à
même de répondre aux attentes des camarades dans
les entreprises.
Dans
le respect des filières de métiers et des
salariés de chaque filière,
les trois secteurs ayant leurs particularités en termes de
positionnement professionnel et de composition sociologique, il est
retenu la création de trois syndicats, un de
l’édition, un des
imprimeries et un de la distribution, l’ensemble
étant regroupé dans
une structure de coordination régionale.
Les
délégués au 1er congrès du
SIP CGT anticipent et préparent
l’évolution
de leur syndicat, les particularités nouvelles concernant
l’évolution
de sa structure et l’arrivée de nouveaux
syndiqués de secteurs tels que
ceux des imprimeries de presse et de labeur, qu’ils soient
ouvriers,
employés ou cadres.
En vue de leur
prochain congrès, ils mandatent dès maintenant la
commission exécutive
nouvellement élue pour définir les adaptations
nécessaires à apporter
aux structures du syndicat, à ses statuts, en fonction de
son
développement, afin de prendre en compte son nouveau champ
de
compétence et de préparer
l’arrivée des nouveaux syndiqués dans
ses
structures et instances de direction.
Les
délégués du SIP CGT,
représentant les adhérents du syndicat,
réitèrent
leur attachement au Comité intersyndical du Livre parisien
et à son
nouveau fonctionnement, ainsi que leur confiance en leurs
élus, qu’ils
mandatent pour travailler, avec les salariés des
sièges éditoriaux, de
l’impression et de la distribution, à
l’élargissement du rapport de
force qui devra s’appuyer sur la coordination des
métiers composant la
Profession.
Paris,
le 6 février 2008
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