Aux
membres du Comité exécutif national
Pour
information aux adhérents de la Filpac CGT
La
déclaration commune Filpac CGT – SGL CE
– section CGT des NMPP du 14
décembre est la dernière expression publique de
la Fédération sur la
question de la distribution, car la division interne et
néanmoins
publique n’a pas permis de mener à bien
l’unité de l’intervention de la
CGT. Cette déclaration appelait à un travail
commun : « Un groupe de
travail, ouvert à tous ceux qui sont en accord avec cette
analyse et
ces objectifs, est constitué pour mener à bien
ces tâches. Il
matérialise le souci partagé de
l’unité et de la solidarité entre
salariés des Messageries et de la distribution de la presse.
» La
division a privé la Filpac CGT de ce travail commun et de
son
expression. La situation actuelle et ses derniers
développements après
le CEN du 12 juin imposent à la Filpac CGT de retrouver sa
voix et ses
capacités d’intervention, malgré et par
delà l’aggravation de la
division publique de ses rangs et l’absence de
débats réels.
1. Une offensive majeure se
prépare
Tous
les éléments (éditoriaux,
déclarations de membres majeurs du pouvoir
politique, intentions déclarées de certains poids
lourds du patronat,
nouveaux intervenants dans les médias) concordent :
à la faveur d’états
généraux de la presse, annoncés par le
président de la République pour
la rentrée, la perspective déclarée du
pouvoir est d’en finir avec tout
ce qui ressort au dispositif encadrant la presse quotidienne, et en
particulier avec ce qu’il appelle le Livre. Se
développe une
argumentation libérale aux termes de laquelle
c’est la présence du «
Livre » qui est un frein au pluralisme, par « le
monopole » qu’il
exercerait, et représenterait un facteur
réactionnaire contre
l’adaptation des médias au numérique
dans le cadre du marché
libéralisé. Or il est bien clair que le pouvoir a
besoin de coups pour
rebondir en permanence et justifier sa politique de destruction
antisociale, comme l’ont prouvé le coup de Xavier
Bertrand sur les 35
heures, et l’offensive en cours contre la CGT des Ports et
Docks.
Personne
n’ignore le degré de décision du
pouvoir et d’une partie du grand
patronat dans leur volonté de mener à bien les
contre-réformes
libérales, lesquelles supposent de marginaliser la CGT.
2.
Le plan NMPP 2007 – 2010 dans ce contexte
C’est
dans ce contexte actuel que la Filpac CGT doit considérer le
plan
stratégique concernant la distribution de la presse. Ce plan
a été
présenté le 13 novembre 2007 au comité
central d’entreprise des NMPP. A
cette époque, il était clair pour la direction de
la Filpac CGT que la
question des NMPP était l’un des dossiers majeurs
que le nouveau
président se proposait de traiter en priorité.
Nous sommes maintenant passés à la phase finale
des travaux pratiques.
Ce
plan est d’une nature industrielle et sociale que beaucoup de
syndicats
et de délégués ont
rencontrée ou rencontrent en ce moment, dans leur
entreprise et dans leur groupe. Il modifie les
équilibres
précédents au sein des NMPP en ce sens
qu’il s’adapte aux nouvelles
technologies à la nouvelle carte de l’impression
décidée par les
éditeurs, et qu’en conséquence il remet
en cause les centres de
groupage des titres à Paris et en Ile-de-France. Il
déplace le groupage
des titres, dont la loi Bichet fournit le cadre légal, du
Niveau 1 des
centres d’Ile-de-France vers le Niveau 2 des
dépôts en région. Comme
beaucoup d’autres plans, il comprend une réduction
importante
d’effectifs et prépare le contournement du statut
traditionnel des
salariés ouvriers et cadres techniques des NMPP. Le Livre IV
afférant à
ce plan a été présenté aux
organisations syndicales compétentes.
3.
Sur quoi portent les divergences fondamentales avec le SGL CE ?
Depuis
le 13 novembre 2007, il aurait été possible
à la Filpac CGT, avec
toutes ses composantes, de bâtir un plan cohérent
alternatif et de
mener à bien la défense du principe
démocratique d’égalité de
distribution des titres dont les NMPP ont la vocation.
Que
ce soit clair et net : ce qui est cause aujourd’hui, ce ne
sont pas les
méthodes employées par telle ou telle partie de
la CGT des NMPP et du
SGL CE, même celles qui paraissent radicales, mais bien le
but de ces
actions. Nous ne sommes pas dans une réédition du
conflit du Parisien
libéré de 1975, mais dans sa caricature. Plus
d’une demi-année a été
gâchée, si bien que, aujourd’hui, les
méthodes d’action se déroulent
dans un contexte différent de celui qui présidait
aux destinées du plan
2007 – 2010, car le gouvernement et une partie du grand
patronat sont à
l’offensive contre la présence de la CGT dans la
presse. Entre-temps,
des reculs significatifs ont été
enregistrés par la CGT, par exemple au
profit de Force ouvrière au siège des NMPP, dans
le 12e arrondissement
parisien, et à Combs-la-Ville après la
révocation de délégués du
personnel CGT par le SGL CE.
Il apparaît de façon claire que
si la distribution de la presse, quotidiens et périodiques,
est une
juste cause, elle risque de devenir le Waterloo de la CGT si la
division et la surenchère entre différentes
factions de la CGT
continuent, et si la Filpac CGT ne retrouve pas sa voie et sa
capacité
d’unité, de rassemblement et
d’intervention. Différentes actions
(incendie des paquets de quotidiens à l’ARM de
Vitrolles dans la nuit
du 8 juin, occupation musclée du siège des NMPP
le 19 juin au matin)
offrent un prétexte au patronat de contre-attaquer et de
servir aux
libéraux au pouvoir des arguments pratiquent qui alimentent
leur
volonté d’affrontement. La « lettre
ouverte à ceux qui veulent tuer la
presse », publiée par la quasi-totalité
des éditeurs de presse
quotidienne nationale, à l’exception notable de
L’Humanité, témoigne du
ton nouveau employé.
Si les éditeurs de presse quotidienne
et le directeur général des NMPP ne sont pas
passés à une mise en
pratique des directives des experts libéraux du
gouvernement, ils
risquent de s’y rallier si une alternative
fédérale Filpac CGT n’est
pas immédiatement fournie.
4. Les tâches
immédiates de la Filpac CGT
La
fonction de la Filpac CGT et de sa direction, c’est de
garantir l’unité
de ses organisations et la démocratie, tant dans les
relations internes
à la CGT que dans les relations avec les
salariés. Dans ce sens, le
secrétariat a été mandaté
par le CEN du 12 juin 2008 pour prendre
toutes dispositions visant à tenir avec les directions
compétentes,
syndicats patronaux, pouvoirs publics et institutions comme le Conseil
supérieur des messageries de presse, les réunions
nécessaires afin de
sortir de la situation actuelle au mieux des
intérêts de la CGT, de ses
adhérents, et des salariés qu’elle
représente.
Mais la situation réclame d’autres dispositions.
La
Filpac CGT doit mettre en œuvre les moyens de son
unité, les moyens
d’application de la démocratie syndicale en son
sein, et de la
démocratie dans ses relations aux salariés. Elle
doit déterminer
l’orientation propre à garantir et cette
démocratie et cette unité, et
disposer des moyens de débat avec toutes les composantes.
En
conséquence, elle considère de son devoir et de
sa fonction de proposer
aux interlocuteurs patronaux et gouvernementaux les voies qui
permettent aux salariés de sauvegarder leurs
intérêts. Pour cela, une
consultation des instances statutaires doit avoir lieu, comme une
consultation des salariés des NMPP.
Sachant qu’un bureau
fédéral est convoqué le 3 juillet,
doit-on en passer par un CEN
extraordinaire en plus de ce BF, ou à la place de ce BF, de
façon que
la direction nationale de la Fédération soit
à même de poursuivre la
mise en œuvre des orientations
déterminées par le congrès des
syndicats
de la Fédération, en novembre 2007, à
Lille ?
Les
camarades du CEN doivent répondre par retour du courrier au
secrétariat de la Fédération.
Quelle
que soit la réponse à cette question, le
secrétariat continue et
continuera d’appliquer le mandat qui lui a
été confié par le CEN du 12
juin 2008.
Le secrétariat,
Montreuil, le 20 juin 2008, 12 heures.