Fédération
des Travailleurs des Industries du Livre, du Papier
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Un
contrat social à l'insu de notre plein gré ?
Admettons
un instant
que Sarkozy veuille réellement signer un nouveau contrat
social avec
les salariés : pourquoi si vite, avant Noël,
liquider l‘ancien contrat
social, résultant des acquis historiques, des lois et des
codes sociaux
? Si les salariés, qui devront être
consultés, ne sont pas d‘accord
avec lui, il leur opposera le résultat du vote de
l‘élection
présidentielle ? La rapidité relève
moins du style de l‘homme que d‘un
impératif : le krach boursier de l‘immobilier
américain se propage,
enfle, gonfle, et va rattraper la croissance mondiale. Sarkozy veut
présenter l‘addition sociale de son «
nouveau contrat » avant le
retournement économique qui se prépare.
Contrat ?
Un contrat suppose que les signataires se reconnaissent dans les termes
négociés. Bernard Thibault, secrétaire
général de la CGT, note à juste
titre que Sarkozy « cherche à mettre en place un
partenariat pour
mettre en Œuvre ce que lui décide ». La
méthode serait-elle à truquer
la partie, mettre en scène de pseudo-négociations
déjà ficelées par
avance sur les bases du Medef ? Les rendez-vous fixés par le
président
ne seront des négociations que si la CGT, soutenue par les
salariés,
dans l‘unité syndicale, pèse dans ce
sens.
Nouveau
contrat ?
Ce qui est nouveau démode l‘ancien…
Où se trouve la nouveauté ? Placer
l‘individu au centre ? Examinons la cohérence du
discours.
Travailler plus
longtemps ? Détruire
les 35 heures, augmenter l‘âge de la retraite,
interdire les départs
précoces, fournir des contrats aux « seniors
», raccourcir le temps de
passage au chômage en obligeant le chômeur
à accepter n‘importe quelle
régression, voilà ce qui est
présenté comme créateur
d‘emploi… Et la
fusion ANPE UNEDIC serait l‘outil centralisé pour
contrôler
l‘allongement effectif du temps de travail. En revanche, rien
n‘est
signifié au patronat comme obligation de créer
des emplois, renoncer au
réflexe déjà ancien de licencier
systématiquement dès l‘annonce
d‘une
difficulté économique.
Mobilité
et sécurité ?
La mobilité requise est contenue dans les revendications du
Medef,
appuyées pesamment par le président :
créer un nouveau contrat de
travail limité à 5 ans, qui
systématise la rupture « à
l‘amiable », de
façon à éviter le recours aux
tribunaux prud‘homaux en faisant sauter
l‘exigence légale de motif réel et
sérieux de rupture du contrat. Dans
les négociations en cours Medef-syndicats, de
manière très
significative, Sarkozy a choisi le côté patronal
du contrat de travail
le plus précaire possible. Quant à la
sécurité, pour l‘instant, elle se
résume à une vague espérance de
formation sans garantie d‘emploi.
Une
sécurité sociale découpée
en deux parties ?
La première relèverait de la couverture
universelle minimale, l‘autre
du niveau des revenus du salarié, qui pourra selon ses
moyens, épargner
pour s‘assurer contre la dépendance, les risques
de santé, etc. Pour
bien se faire comprendre, Sarkozy s‘en prend aux
régimes particuliers
de certaines catégories, qui font l‘effort
collectif de se payer leur
caisse de retraite à grand coup de cotisations.
Ce hold-up sur
l‘effort paritaire de retraite et de prévoyance
annonce une offensive
générale contre le paritarisme, afin
d‘instaurer un système social
libéral global.
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Construire
de nouvelles mobilisations
Le
véritable contrat social, face à la situation
ouverte par un haut
niveau de chômage et de précarité, est
contenu dans l‘instauration d‘un
statut du travail salarié, qui garantit le maintien en
toutes
circonstances du contrat de travail, doté d‘une
sécurité sociale
professionnelle établie par branche et fondée sur
un financement
paritaire.
La FILPAC CGT se rendra aux rendez-vous fixés sur la
base de cet objectif global et des revendications des
salariés, dûment
informés et consultés sur la teneur des
réunions imposées. Il s‘agit
bien de créer une situation telle que l‘opinion et
l‘intérêt du plus
grand nombre vienne en soutien des actions et des exigences que la CGT
portera et organisera. A commencer par les rendez-vous du 25 septembre,
du 13 octobre, préparés par la FILPAC CGT dans
les entreprises par des
débats et la diffusion des positions de la CGT.
Un contrat nouveau
? Pour qu‘il soit social, il faut qu‘il soit
négocié de façon ouverte,
sans truquage ni hâte calculée, de
façon que chacune et chacun puisse
être informé, puisse décider, et
finalement peser réellement dans les
termes du contrat. Sans quoi le discours de Sarkozy
apparaîtra pour ce
qu‘il nous semble qu‘il est : l‘habillage
médiatique d‘un coup de force
contre l‘édifice social de notre pays.
Michel Muller,
secrétaire général de la FILPAC CGT,
19 septembre 2007
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