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PROJET
FÉDÉRAL
Version définitive
adoptée par le 6e congrès
à la
majorité des voix.
Sommaire
:
- Préambule
: Une
fédération existe de par la volonté de
ses syndicats
- Partie
1 : Le
syndicalisme, ça sert à revendiquer, à
lutter et à gagner
- Partie
2 : La
méthode de la charte revendicative
- Partie
3 : Le
salariat de la communication et de l'information dans la convergence
numérique
- Partie
4 : La
Fédération : utile pour les salariés,
outil pour les syndicats
- Partie
5 : La
Fédération vous la voulez comment ? Proche,
efficace, unitaire, démocratique et
rassemblée !
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Préambule
Une
fédération existe
de par la volonté
de ses syndicats
La Fédération est
considérée par la Cgt
comme l’une de ses «organisations
fondamentales*».
Pour la
confédération,
«la fédération impulse et coordonne
l’activité syndicale et revendicative, la prise en
compte
des questions liées à sa ou ses branches
professionnelles, le développement de la Cgt. Elle prend, en
fonction des situations, toutes les initiatives d’action
nécessaires. Sa direction représente et
défend les
intérêts de ses membres, auprès des
pouvoirs
publics, des organisations patronales, des associations et autres
institutions nationales et internationales*».
Régie par
ses
statuts, la
Fédération, parce qu’elle incarne
l’alliance
des syndicats de ses différentes branches professionnelles,
rend
compte de l’évolution des métiers, des
processus de
fabrication, s’efforce d’anticiper les
restructurations
capitalistiques et leurs conséquences sociales et
professionnelles, et constitue par elle-même un collectif
vivant
de veille permanente sur les modifications et changements intervenant
dans ses champs professionnels.
Elle
représente
un lieu unique
d’échanges, de confrontation des
expériences et des
analyses sur les secteurs professionnels qui constituent son domaine
d’intervention et de réflexion. Elle alimente de
façon continue la réflexion
confédérale.
La
Fédération est garante
du pacte syndical de solidarité et du principe
d’unité qui lient les syndicats qui la composent.
En ce
sens, elle intervient pour favoriser, valoriser, privilégier
les
convergences vers des actions communes pour atteindre les objectifs
revendicatifs qui sont les siens et qui sont la résultante
commune aux perspectives de ses syndicats.
* statuts
confédéraux
Partie
1
Le syndicalisme,
ça sert à
revendiquer,
à lutter et
à gagner
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1-1
1. Le secteur de la
communication
est en expansion,
pas en voie de
disparition.
L’activité
industrielle de
la communication tient une place centrale dans le pays, bien
au-delà de l’importance de son salariat (700 000),
qui
rencontre de multiples changements dans lesquels les
délocalisations jouent un rôle mineur. La
filière
papetière en fait partie intégrante. Cette
activité est affectée par :
- la globalisation de son économie,
- la marche ultrarapide à la
numérisation,
- un Etat qui met son intervention au service du
marché.
1-2
Presse, publicité,
édition, papier,
industries graphiques, autant de secteurs de cette activité
industrielle où la question majeure n’est pas la
disparition mais le bouleversement du modèle
économique
et les changements des procès de fabrication. Le
problème
majeur posé au syndicalisme, et à la Filpac-Cgt
en
particulier, relève de la tentative du patronat de mise en
concurrence des salariés, de resélectionner la
main-d’œuvre en se débarrassant des
collectifs
solidaires de travail et de leurs organisations syndicales.
1-3
Globalisation
?
L’extension des critères libéraux
à la
planète entière (la mondialisation
libérale)
opère des ruptures historiques dans les rapports sociaux,
dans
les manières de gérer des industries à
l’histoire longue, dans les caractères nationaux
longtemps
conservés de ces diverses activités. Les groupes
constitués dans le papier, ceux créés
dans la
publicité et la presse, ceux à venir dans
l’industrie graphique relèvent de
stratégies qui
dépassent le périmètre national, voire
continental. Au capitalisme patrimonial, aux groupes de taille
nationale, se sont substitués des états-majors
locaux de
firmes capitalistiques internationales, dont les compteurs et la
manière de voir sont bloqués sur les chiffres de
la
rentabilité. Si bien que, face aux opérations de
Quebecor
ou d’International Paper, de Lagardère ou de
Prisma Presse
et Springer, parmi de multiples exemples, la dimension internationale
de la lutte apparaît d’emblée, et avec
elle la
nécessité pour le syndicalisme
d’acquérir
cette dimension pratique.
1-4
La répartition des
richesses produites ?
En faveur du
capital, donc
au
détriment du travail ! Ce phénomène
est
perceptible par les super bénéfices
annoncés par
les sociétés du CAC 40. Mais il
apparaît tout
autant dans la façon dont les investissements sont
réalisés dans le secteur de la communication,
industrie
papetière comprise. Les capitaux servent à la
rentabilisation des sociétés existantes au moyen
d’une réorganisation désormais
permanente, qui
cible la réduction de l’emploi et de la masse
salariale.
1-5
Les investissements peuvent alors se
tourner vers la
construction de nouveaux outils de production qui utilisent la
numérisation générale comme couverture
technique.
L’un des facteurs déterminants de ces
restructurations,
commun à tous les aspects de la communication, presse
comprise,
c’est la généralisation
planétaire de la
concurrence, et de ce fait l’utilisation patronale de la mise
en
concurrence des processus de fabrication et des salariés qui
les
mettent en oeuvre.
1-6
Le repli à l’entreprise, ou sur une seule
catégorie, quand le sort de cette entreprise
dépend
d’états-majors de groupes, souvent
basés dans un
autre pays ou sur un autre continent, est un poison, dont
l’antidote est l’action collective.
1-7
Le libéralisme ? Une stratégie
capitaliste de tensions.
Le salariat de la
communication a du
mal à émerger comme tel, car plusieurs de ces
secteurs
apparaissent en crise. Cette crise prend des aspects divers, parmi
lesquels la fragmentation de ce salariat, qui subit en son sein des
tensions importantes. Les plus anciens espèrent quitter dans
les
conditions les meilleures un monde salarié qu’ils
perçoivent comme dégradé, les plus
jeunes sont
tenus à l’inverse de se battre pour demeurer
à
l’entreprise. La tension majeure consiste à
imposer
à ce salariat de la communication des conditions en recul
pour
prix de son accès aux nouveaux outils et aux nouveaux
métiers. S’ajoute à cela une tension
sociale
évidente, qui provient de la volonté patronale de
promouvoir la précarité comme
l’état naturel
du salariat. La pression est énorme qui pèse sur
les
nouveaux salariés, auxquels le patronat veut imposer une
négociation individuelle, isolée, du contrat de
travail.
1-8
Numérisation ?
La
dématérialisation
permet de dépasser le support papier comme vecteur unique de
la
communication dans les entreprises d’information
écrite
(publications sur Internet, ses sites, ses blogs, sur
téléphones mobiles, e-papers, e-books, etc.). Le
phénomène a commencé depuis longtemps,
notamment
dans l’administration d’Etat (Journal officiel,
formulaires
légaux, déclarations d’impôt,
législation - lois et décrets,
codes…). Elle
redistribue les cartes dans le domaine de la communication. De nouveaux
lieux de traitement de l’information et de la communication
sont
créés, qui prennent leur place à
côté
des anciens tout en les modifiant.
1-9
De nouveaux outils de
réalisation sont mis en
place, et avec eux de nouveaux récepteurs de cette
information.
Si le patronat prend prétexte de cette révolution
numérique pour exiger de nouvelles réductions de
la masse
salariale, la démultiplication des effets de la
numérisation offre de nouvelles possibilités
d’intervention et de développement de notre
organisation
syndicale. La marche au numérique, pas plus que les
différentes vagues de l’informatisation,
n’emprunte
une voie unique, royale, comme une espèce de point de
passage
obligé, surdéterminé par les
«
impératifs » techniques. Cette
numérisation se met
en place dans un contexte économique dominé par
la
recherche effrénée de profits
immédiats. Comment
expliquer, sinon, que tant de capi-taux se déversent dans le
secteur de la communication, tous supports confondus, si une telle
activité n’était pas raisonnablement
porteuse de
grandes espérances de profit ?
1-10
Des pouvoirs publics
dévoués au marché ?
L’intervention
de l’Etat
existe bien, malgré ce que prétend le dogme
libéral. Mais elle se concentre sur une
problématique
unique : faciliter le retour sur investissement, aider à la
moisson des gains de productivité, assurer aux investisseurs
une
aide à la diminution de la masse salariale,
réduire la
législation sociale en matière de protection de
l’emploi, se mettre au service de qui veut licencier par des
plans sociaux en grande partie payés par les
licenciés
eux-mêmes. Plus les prétentions des investisseurs
se
portent sur la disparition des entraves au droit de licencier, plus les
pouvoirs publics relaient le mensonge selon lequel l’Etat
n’a pas à intervenir dans les affaires
industrielles, et
plus ils contribuent à soumettre l’encadrement
légal du contrat de travail aux exigences du
marché,
présenté comme le terrain par excellence de la
liberté absolue, celle d’entreprendre.
1-11
2. Petite musique du
renoncement ou
Symphonie du nouveau
monde ?
Le nouveau monde est
numérique, son horizon
libéral n’est pas indépassable.
1-12
Le challenge qu’a commencé de relever la Filpac
Cgt,
c’est non seulement celui de la survie collective mais
surtout
celui du développement en milieu libéral hostile.
Les
bases de lancement de la contre-offensive sur l’emploi ont
été mises en place. Quand beaucoup clamaient la
mort de
la presse, la Filpac affirmait qu’elle avait un avenir, et en
traçait les pistes au Conseil économique et
social. Quand
les patrons papetiers naufrageaient le secteur papetier dans
l’accumulation sordide de licenciements, la
Fédération leur imposait, à eux et aux
pouvoirs
publics un débat, autour d’une démarche
rassembleuse, celle de la charte papetière, à la
fois
revendicative, mobilisatrice et forte de propositions propres
à
défendre la filière professionnelle toute
entière.
1-13
Malgré l’hyper
concentration des
maisons d’édition, la Filpac y a
développé
un syndicalisme attractif. Par delà les
stratégies de
Quebecor et la remise en cause de la convention collective du Labeur,
la Fédération a su attirer à elle des
jeunes
adhérents et militants qui relèvent le
défi
posé par les nouvelles industries graphiques. Dans la
publicité, la Filpac trouve malgré les obstacles
patronaux considérables une matière à
développement syndical significatif.
1-14
Le nouveau monde pâtit de restructurations
industrielles permanentes.
Un plan chasse
l’autre, selon une
stratégie patronale consommée, visant
à
créer un effet hypnotique du rythme des
réorganisations.
Ces restructurations suivent tantôt le changement
d’échelle choisi par les groupes pour se tailler
des parts
de marché, tantôt le chemin
déterminé par
une simple tactique, celle d’un climat
d’incertitude et de
peur soigneusement orchestrée. Cette peur, la petite musique
du
renoncement qui est jouée chaque jour aux oreilles des
militants
et adhérents, c’est une forme de domination. Elle
chante
que le monde bouge, donc que le syndicalisme, par définition
archaïque, disparaît. A quoi bon se battre, dit la
musique
du renoncement, le monde est parvenu à sa phase
achevée,
et prend la forme «naturelle» du
libéralisme. Que
les anciens partent, que les jeunes se plient en quatre pour
accéder aux nouvelles technologies, aux conditions des
maîtres du marché.
1-15
Cette pression au renoncement
de
l’action collective est d’autant plus forte
que les officines
patronales de
communication affirment que la numérisation et ses outils ne
seront ouverts qu’aux générations de
salariés issus d’ailleurs, certainement pas des
rangs
syndicalistes. Comme si, en quoi que ce soit, le libéralisme
avait créé ces outils formidables que sont
Internet, les
nouveaux supports numériques, les blogs ou les logiciels
libres.
Ce qui est vrai, c’est qu’il considère
ce vaste
réseau mondial comme un lieu où son commerce doit
fructifier. D’une certaine manière, le
marché
libéral veut mettre la main sur la
société de la
communication. Insidieusement, il tente de se confondre avec
l’émergence et l’ascension
d’Internet et des
nouveaux outils numériques.
1-16
Aux syndicalistes de démêler les
opportunités des
techniques nouvelles des prétendus impératifs
«économiques» libéraux,
introduits en
contrebande par les patrons. S’agissant de la
filière
papetière, la communication patronale atteint, entreprise
par
entreprise, des sommets. Il s’agirait de naviguer sur le
même bateau pour affronter ensemble la tempête de
la
concurrence devenue mondiale.
1-17
Dans de nombreuses entreprises, cette
propagande
fait l’objet d’un matraquage quotidien qui peut
marquer des
points si l’antidote n’est pas
délivré par
l’organisation syndicale.
La Bourse, le capitalisme financier dominant ne sont pas le
progrès, le numérique, si.
Décision
1
1-18
«Le VIe
congrès de la Filpac-Cgt s’engage dans
une démarche transversale sur l’emploi, unifiant
les
différents secteurs. Les causes
principales qui conduisent à la
précarité, à la destruction
d’emplois,
à la sélection partiale de la
main-d’œuvre relèvent d’un
même faisceau
de raisons, liées d’abord aux diktats du
libéralisme, qu'il entend combattre par tous les moyens
à sa disposition. Le congrès des
syndicats entreprend la construction d’un rassemblement
majoritaire, c'est-à-dire l'un des moyens à sa
disposition, sur
la question centrale, déterminante, celle de
l’emploi.» |
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1-19
3. Forger les outils
nécessaires et efficaces
pour la
conquête d’un emploi stable
et
durable.
1-20
Mais pourquoi de nouveaux
outils ?
Les
anciens ne suffisent-ils pas ?
Une forme de
division
s’installe,
s’incruste, même si tout est encore
réversible. Le
patronat oppose les nouvelles générations - qui
doivent
passer par un parcours du combattant pour accéder
à un
emploi - aux anciennes générations,
pétries de
culture salariale, gagnées depuis l’origine aux
bienfaits
de la couverture sociale par répartition et aux fruits de
l’action collective pour l’emploi et les salaires.
Les
prochaines années seront celles du passage de flambeau entre
générations, il s’agit là
d’une
question décisive, car la fracture existe bien dans la
pyramide
des âges.
1-21
Car il est trop souvent admis par nombre
de
salariés que les générations futures
connaîtront forcément une régression
sociale
obligée.
1-22
Malgré cette culture
salariée, les
conventions collectives, la législation sociale, les acquis
sociaux, s’ils restent à défendre pied
à
pied, précieux et irremplaçables, n’ont
pas
été des points d’appui suffisamment
puissants,
capables d’endiguer le flot montant des fermetures
d’entreprises, des restructurations, des destructions
d’emplois, de la montée de la
précarité. Ce
qui affecte le crédit de l’action collective
elle-même.
1-23
Le patronat distille depuis longtemps ce
poison:
passé un certain âge, le salarié ne
serait plus
«employable». Il devrait vider les
étriers, ce
serait son devoir, il doit s’en rendre compte tout seul,
l’admettre par avance. La dépréciation
de soi est
au cœur de l’idéologie
libérale. Ce qui est
parfaitement contradictoire avec l’allongement du temps de
vie
passé au travail, imposé par la loi Fillon, au
service du
libéralisme.
1-24
L’énorme acquis, la
couverture de la
Sécurité sociale, a été
établi en
période où le chômage était
négligeable. Aujourd’hui, c’est le
chômage qui
est devenu l’arme anti-sécurité sociale
par
excellence.
Ceux qui ont le pouvoir de licencier opposent un chômage de
masse
qu’ils ont créé à la notion
de
solidarité, fondatrice de la Sécurité
sociale. Ils
usent du chômage de masse et de la
précarité comme
d’un bélier contre l’édifice
solidaire de la
Sécurité sociale.
1-25
De même, créant la
précarité, ils opposent
cette absence de statut du travail au Code du travail
lui-même.
Cette manipulation dure depuis des années et aurait de beaux
jours devant elle si la conquête de nouveaux droits
n’était pas à l’ordre du jour.
1-26
Quels outils suffisamment
solides pouvons-nous
forger pour répondre aux questions clés
:
Comment faire entrer
de
nouveaux salariés, des jeunes en particulier, dans les
entreprises de la communication ?
De quelle façon peuvent-ils accéder à
un emploi
stable, durable, qualifié,
rémunérateur sans
passer, à un moment ou à un autre de leur vie
professionnelle, par le chômage ?
1-27
Comment faire fructifier l’héritage des acquis
afin de le
mettre au service de nouvelles conquêtes ?
1-28
En d’autres termes, le syndicalisme que nous
préconisons
doit démontrer, concrètement, que
l’action
collective est efficace contre la montée du
chômage,
contre les licenciements, contre la précarité,
contre le
sous-paiement des qualifications, et contre la mise en concurrence des
salariés. Notre syndicalisme n’est pas celui des
plans
sociaux, mais celui :
- des embauches et du recul de l’incertitude,
- du refus des licenciements,
- de la mise en adéquation des moyens de
formation,
d’adaptation, de reconversion pour éviter que les
salariés, porteurs de véritables savoirs et
savoir-faire,
ne passent par la case chômage,
- qui s’oriente vers une action de
priorité absolue capable de forcer les portes de
l’embauche,
- qui institue un mode de négociation
collective
du contrat de travail, dont le modèle est le CDI.
Notre intervention
syndicale agit
dans le sens d'une coordination nationale et internationale de l'action
collective,de façon à répondre
à la
stratégie patronale actuelle. Les restyructurations
permanentes
modifient le périmètre des entreprises et des
groupes,
et éloignent les lieux de décisions
stratégiques des endroits où se tiennent les
employeurs
légaux. Il en va ainsi dans de nombreux groupes de nos
branches
professionnelles. C'est pourquoi le syndicalisme que nous
préconisons prend soin de faire converger l'action syndicale
collective vers les véritables états-majors des
entreprises et des groupes, afin de construire à
l'échelle requise le rapport de force nécessaire
et
à chercher la responsabilité sociale au niveau
pertinent.
1-29
Le travail, une marchandise
ordinaire ?
L’effort
principal du patronat,
de la communication en particulier, consiste à faire de la
précarité, de l’instabilité,
du
sous-paiement de la qualification une règle
fondée sur
les aléas du marché. En d’autres
termes, le travail
serait une marchandise comme une autre, dont le prix devrait
évoluer à la hausse et surtout à la
baisse, comme
le prix de toutes les autres marchandises, dans un échange
mondialisé de l’offre et de la demande de travail.
L’effort patronal porte de façon prioritaire sur
la
flexibilité, l’éradication des statuts
et des
négociations collectives, l’individualisation de
la
couverture sociale afin de la dissocier du contrat de travail. Dans la
même logique, il veut effacer tout repère
légal
concernant le temps de travail, la rémunération
du
travail, le temps de vie au travail. La seule édition de
livre
qui lui tienne à cœur est celle d’un
code du Travail
«simplifié»,
édulcoré.
1-30
Pour retrouver une cohésion
sociale, une
unité et une solidarité sociale, la question
fondamentale
de l’emploi doit être traitée
à la hauteur
d’une situation de chômage et de
précarité de
masse, qui dure depuis près d’un quart de
siècle.
La démarche syndicale adoptée par le
présent
congrès se fonde sur les revendications suivantes :
1-31
Le
congrès appelle les syndicats de la
fédération
à revendiquer, dans le droit fil des orientations du 48e
congrès de la Cgt, un statut du travail salarié, qui
protège l’emploi contre les aléas
économiques, qui lie le contrat de travail non à
la
particularité de l’employeur mais au droit de
toutes et
tous à un emploi stable et
rémunérateur. La
continuité du contrat de travail doit être la
règle, le licenciement l’exception.
La responsabilité de l’employeur doit
être
engagée comme elle l’est en cas
d’accident du
travail. Tous les salariés doivent
bénéficier de
cette protection, diamétralement opposée au
recours
automatique au licenciement tel qu’il se pratique
à grande
échelle dans le secteur de la communication.
L’obtention
d’un contrat de travail ne doit plus être une
aventure
individuelle, mais une démarche collective,
assumée comme
telle.
1-32
Le
congrès engage de la même façon les
syndicats
fédérés à revendiquer et
construire une
sécurité sociale professionnelle dans les
branches de
leur compétence.
Tout salarié de la communication doit occuper un emploi
stable
ou être en formation pour réoccuper un emploi
stable. Le
principe de solidarité qui est le nôtre implique
la
création de caisses sociales dans les professions de la
communication, financées par les cotisations des
employeurs notamment, afin d’assurer les reconversions et les
formations
des salariés dont les postes de travail seraient remis en
cause.
Le risque de perdre son emploi doit se déplacer de la
sphère individuelle pour se reconstruire dans un cadre
collectif. Le risque doit devenir social.
|
Décision 2
1-33
«Le
VIe congrès de la Filpac-Cgt décide que la
priorité de son action,
concernant le combat pour l’emploi, pour
l’entrée de nouveaux salariés
dans le secteur de la communication, est celle de la construction
d’un
cadre social où le travail se trouve reconnu par un statut
véritable,
le statut du travail salarié, le cursus professionnel
bénéficie d’une
sécurité sociale professionnelle. Le
salarié doit bénéficier
d’une
continuité de son contrat de travail. »
|
Partie
2
La méthode de la charte
revendicative
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2-1
4. 1. La
rémunération du travail
souffre
des attaques sur l’emploi.
La notion même de
rémunération du travail est mise en cause
par la précarité de l’emploi et la
pression
d’un chômage de masse. Le salaire est
considéré par l’employeur comme une
somme
versée dans le seul cadre de l’entreprise, et qui
ne peut
évoluer que selon la marche de
l’établissement. Ce
salaire est affecté par de multiples attaques : primes
individuelles, grilles maison…
L’intéressement est
considéré de plus en plus par le patronat comme
partie
intégrante du salaire, ce qui ne correspond pas à
sa
définition légale, car il n’est en
aucun cas
garanti, mais aléatoire et facultatif. Cet
intéressement
tend à devenir une épargne individuelle en vue
d’un
complément de retraite, du fait de la remise en cause du
système par répartition.
2-2
La
somme du bas de la feuille de paie est également
frappée
par la hausse des cotisations au régime
général et
aux caisses complémentaires, et par la baisse
conséquente
des prestations de ces régimes. L’employeur, de
surcroît, ne tient pas compte des qualifications
réelles,
et instaure un système d’évaluation
individuelle
qui oblige le salarié à justifier de sa
performance
personnelle pour mériter le salaire, ou son augmentation
éventuelle. La notion de rémunération
du travail
est donc intimement liée au traitement libéral de
l’emploi et de la couverture sociale.
2-3
Du
point de vue de la hausse réelle des prix et du pouvoir
d’achat,
la régression est flagrante. L’indice Insee, avant
l’élection présidentielle, a
volé en
éclat s’agissant de la mesure du
chômage. Concernant
la hausse des prix, il est depuis longtemps
discrédité,
le vécu des salariés leur apporte plus
d’éléments (loyers, prix de
l’immobilier,
produits de consommation courante, tarif des transports en commun,
essence, dépenses de santé et
d’éducation,
etc.) que les savantes constructions de
l’établissement
public des statistiques officiellement mensongères.
Pourtant,
c’est sur la base d’un indice usé
jusqu’à la corde que les accords salariaux
devraient,
selon le patronat, être passés.
Décision
3
2-4 «Le VIe
congrès de la Filpac-Cgt, se référant
aux repères revendicatifs de la CGT, considère
que
la rémunération du travail doit être
réhabilitée, tant du point de vue
du paiement des qualifications réelles que du point de vue
du pouvoir
d’achat et du salaire indirect
(Sécurité sociale, couverture
complémentaire). Un terme doit être mis de toute
urgence au transfert
des charges de santé et de vieillesse du capital vers le
travail.
2-5 Le
salaire doit sortir du seul cadre de l’entreprise pour
évoluer en
fonction des besoins en pouvoir d’achat. La mesure de la
hausse des
prix sera établie par un instrument de mesure
déterminé par les
dépenses incompressibles, et servira en particulier de
référence lors des négociations de la
politique
salariale dans les branches professionnelles.
2-6 Le niveau minimum du salaire
doit
être
déterminé en fonction des besoins
constatés, et de la qualification
réelle. Le salaire doit être
débarrassé des systèmes parasitaires
qui
consistent à le compléter par des
compléments échappant aux cotisations
sociales.
2-7 Les grilles de qualification
sont
à construire de telle
façon qu'elles prennent en compte les revendications des
salariés et qu’elles contribuent à
unifier le
salariat dans sa démarche pour
une juste rémunération des
qualifications.» |
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2-8
4. 2. Les retraites dans le
collimateur.
Les
dégâts de la loi Fillon.
La loi Fillon de
2003 se
fixe à
l'horizon 2020 l'objectif d'une retraite égale aux deux
tiers du
revenu d'activité, avec un plancher de pension
égal en
2008 à 85 % du Smic net - objectif limité
à ceux
justifiant d'une carrière complète.
2-9
Pour les salariés ayant effectué des
carrières
longues, le départ à la retraite avant 60 ans est
possible. La réforme Fillon ne revient pas formellement sur
le
droit à prendre sa retraite à 60 ans, mais
programme un
allongement de la durée d'assurance requise pour
bénéficier d'une pension à taux plein.
Ce recul de
l'âge de la retraite baigne dans une idéologie du
«
libre choix » qui généralise les
mécanismes
de décote et surcote.
2-10
L'assuré pourra partir plus
tôt, avec
une retraite moindre (décote), mais il pourra aussi
travailler
plus longtemps et bénéficier d'une surcote.
Les réformes Balladur (1993) et Fillon (2003)
dégradent
les retraites de deux manières. Elles modifient
profondément le mode de calcul des pensions et leur
règle
de progression :
- les droits à la retraite sont
calculés sur les vingt-cinq meilleures années,
- les salaires portés au compte ne sont pas
revalorisés selon la progression du pouvoir d'achat.
2-11
La pension n'est plus indexée que sur les prix et ne profite
donc plus de la progression des revenus d'activité.
2-12
L'allongement de la durée de cotisation, compte tenu de
l'état du marché du travail, réduit
les droits
à la retraite et introduit de profondes
inégalités
qui frappent les carrières heurtées (femmes,
précaires, chômeurs) et, à terme, les
jeunes
générations qui arrivent plus tard sur le
marché
du travail.
2-13
Le véritable objectif de la
réforme de
2003 n'est pas en réalité que les
salariés
travaillent plus longtemps, mais qu'ils partent en retraite
à
peu près au même âge, avec une pension
réduite.
2-14
Ce
qu’ils préparent pour 2008.
De 2009 à 2012, la durée d'assurance devrait
augmenter
d'un trimestre par an, jusqu'à 41 ans en 2012 mais cette
feuille
de route peut être réévaluée
en 2008, soit
par un rendez-vous avec les «partenaires sociaux»,
soit par
décret du gouvernement.
2-15
L'objectif est de stabiliser le ratio entre durée
d'assurance et
durée de retraite en partageant les gains
d'espérance de
vie après 60 ans selon la règle suivante : 2/3
sous forme
d'un allongement de durée d'assurance et 1/3 sous la forme
d'un
allongement de la durée de la retraite. Le gouvernement,
suivi
par la majorité des médias, a commencé
à
préparer l'opinion à un nouveau recul de
l'âge de
la retraite qui serait décidé au point
d'étape
prévu en 2008.
2-16
L'allongement de la
durée d'activité :
une
fausse piste
La
réforme
Fillon
privilégie le recul de l'âge de la retraite comme
moyen
d'assurer le financement des retraites : «
Si on est actif plus longtemps, on est retraité moins
longtemps
et l'augmentation du ratio retraités/actifs est ainsi
freinée. » Seulement, les choses ne se passent pas
ainsi :
l'accroissement des cessations anticipées
d'activité
montre que les employeurs continuent à se séparer
des
salariés âgés, perçus comme
moins «
productifs ».
2-17
Alors que le Medef bloque la
négociation sur
la pénibilité dans le privé, le
succès des
départs pour carrières longues et l'avancement de
l'âge moyen du départ en retraite dans le
privé
démontrent une profonde aspiration des salariés
à
jouir de leur retraite à 60 ans après une vie de
travail
usante.
2-18
A cela s'ajoute l'incertitude créée sciemment par
un
processus de réforme permanente : inquiets à
juste titre
des mauvais coups en préparation, un nombre croissant de
salariés prennent leur retraite le plus tôt
possible.
La prolongation d'activité n'est un « libre choix
»
que pour une minorité de salariés encore en
emploi, et
disposant de conditions de travail favorables.
2-19
Pour la majorité, la contrainte sera de partir en retraite
avec
des pensions moins élevées, ou de cumuler la
pension avec
des petits boulots mal payés.
2-20
Les
retraites complémentaires :
une
dégradation rapide
Les régimes complémentaires (Agirc et Arrco)
représentent une partie importante de la retraite : entre un
tiers pour les petits salaires et deux tiers pour les cadres
supérieurs. Or ces retraites complémentaires
subissent
aussi une dégradation qui sera encore plus
marquée que
pour les retraites du régime général.
2-21
Le taux de rendement a perdu plus de 30
% depuis
1993. Pour un même montant de cotisations, les pensions
versées vont baisser d'autant.
Tels sont les risques d'un système à points qui
rend le
montant de la retraite peu prévisible pour les futurs
retraités. Il a permis de faire passer
discrètement les
décisions prises hors de tout débat public en
1996, 2001,
2003 et encore récemment en mars 2007 dans le cadre d'un
paritarisme déséquilibré où
le Medef impose
des accords défavorables avec le soutien de syndicats
minoritaires.
|
Décision
4
2-22 «Pour
préparer
dès
maintenant l’échéance de 2008 en
intégrant
à sa démarche revendicative les
repères
confédéraux notamment en matière de
retraite, le
VIe
congrès de la Filpac s’engage
dans la bataille du droit à la retraite à 60 ans
à taux plein. Le
congrès, avec toute la Cgt, se bat pour :
2-23 - le renouvellement du contrat
social entre générations dans le cadre de la
répartition,
-le taux de remplacement au
minimum de 75%,
- une pension au
minimum égale au Smic,
-
l’indexation sur les salaires de la pension,
- un droit au
départ des
salariés ayant exercé un travail
pénible, reconnu
par les tous les régimes,
- un financement
qui garantisse la
pérennité du système solidaire de
retraite
fondé sur la répartition. »
Pour mener
cette campagne
immédiatement après le congrès, il est
convenu de
la constitution d'un collectif de campagne composé de
membres de
la direction nationale élue par le congrès.
|
Retour au
sommaire
2-24
4. 3. La charte revendicative
au centre
de la démarche fédérale.
Le
numérique et le papier ont un avenir assombri par le
libéralisme.
Le congrès de la Filpac-Cgt refuse l’amalgame
pratiqué par les représentants des
états-majors
patronaux, qui assimile les progrès techniques à
la
marche du libéralisme. Les innovations techniques ne sont
pas
stimulées par le cadre économique, mais asservies
à des tâches de rentabilisation et de
conquêtes de
marchés immédiatement rentables.Cette distinction
entre
révolution numérique, innovation technique et
réaction libérale est décisive pour
déterminer le positionnement syndical.
2-25
Il en va ainsi du papier. Les groupes,
dont le
périmètre multinational est en
évolution
constante, déterminent leurs capacités de
production et
la nature des produits non en fonction d’innovations
techniques
pour répondre à des besoins variés,
mais selon la
chasse aux profits stimulée par l’ouverture des
marchés, asiatiques notamment, et par la
possibilité
d’utiliser une main-d’œuvre moins
chère
à l’Est de l’Europe ou en
Amérique latine.
Ces groupes cassent les unités de recherche et de
développement et limitent au minimum les centres techniques,
alors que les besoins se multiplient selon une demande
d’utilisation de matières
écologiquement
compatibles avec le développement durable. Ils
préfèrent amoindrir les capacités de
production
ici, par arrêts de machines, fusions, absorptions, pour
investir
là-bas dans des machines à papier de
très grande
taille, afin de prendre leur place dans un marché aux
produits
standardisés.
2-26
La contradiction est flagrante entre la
place que
pourrait prendre le papier et la manière dont
l’industrie
papetière y répond, corsetée par le
diktat des
actionnaires des groupes dominants. Alors qu’un champ fertile
d’innovations, papier et carton, s’ouvre
grâce aux
besoins et aux exigences du développement durable, les
groupes
papetiers s’orientent vers une production de masse
standardisée, déterminée par la
mondialisation
libérale.
2-27
Il
en va ainsi du numérique.
La mise en réseau numérique planétaire
du son, de
l’image et du texte démultiplie les
opportunités de
prendre connaissance des informations,
d’éléments
culturels et de loisirs. Elle offre des accès multiples qui
permettent de faire apparaître ces données
à tout
moment, et en tout lieu, par des appareils mobiles d’ores et
déjà diffusés à
l’échelle de
masse, lesquels suivent des évolutions et des formes bien
loin
d’être achevées
(téléphone mobile,
e-paper, e-book, etc.). L’ère de
l’ordinateur
généraliste est déjà finie,
s’est
ouverte celle de récepteurs mobiles interactifs,
conçus
pour se brancher sur le réseau numérique mondial,
support
de tous les médias et média lui-même.
2-28
Mais
l’ensemble de ces échanges
numérisés est
considéré par les groupes de communication et de
vente
comme une formidable opportunité
d’étendre le
marché, celui de l’information en particulier, et,
au
passage, de la réduire à une marchandise, de la
mélanger de manière inextricable à
l’annonce
publicitaire. Le mouvement de dématérialisation,
c’est-à-dire l’émancipation
du support
papier, touche l’administration de l’Etat depuis
longtemps
(Journal officiel, lois et décrets, formulaires
administratifs,
impôts, petites annonces légales, appels de
marchés
publics, etc.). La dématérialisation
s’est
emparée de la presse, de l’édition, du
commerce.
Deux mouvements inégaux mais contradictoires
s’expriment
sur Internet : l’un se saisit du réseau mondial
comme
d’une nouvelle opportunité de faire des affaires,
l’autre regarde Internet comme un lieu d’expression
libre
(les blogs).
2-29
Mais la somme des capitaux investis sur
le web pour
en faire un lieu privilégié de transactions
commerciales
montre ce que le capitalisme entend par «
société
de l’information » : une immense galerie
commerciale
numérique. L’acquisition des connaissances,
l’éducation, la relation au monde en
général
passent désormais aussi (et surtout ?) par Internet. Mais
dans
le cadre de la domination d’un capitalisme du XXIe
siècle, cette acquisition risque d’être
asservie à un échange marchand.
|
Décision
5
2-30 «Le
congrès de
la
Filpac-Cgt considère que doit être
amplifiée, à l’instar du secteur
papetier, la démarche de la charte revendicative. Elle
consiste à
offrir dans le contexte actuel une réponse globale :
- élaborer
avec les salariés et dans l’unité un
contenu où sont consignées les
revendications, les perspectives professionnelles et industrielles dans
le cadre des innovations technologiques et de la mondialisation,
- les exigences démocratiques en
matière de
droit des institutions représentatives du personnel et des
syndicats, en particulier la reconnaissance de droits nouveaux tels que
le droit d'avis suspensif du comité d'entreprise sur les
questions touchant à l'emploi, la représentation
syndicale au sein des conseils d'administration.
- la garantie de l’emploi (statut du
travail
salarié et sécurité sociale
professionnelle),
- l’implication des pouvoirs publics,
s'agissant
en particulier de la transparence des aides publiques
versées
aux entreprises, et le contrôle par ces pouvoirs publiques de
l'utilisation des fonds versés,
la
désignation des responsabilités des employeurs.
2-31La
reconstruction de rassemblements majoritaires et de mobilisations de
grande ampleur passe par cette méthode
syndicale-là, qui répond de
manière efficace au repli sur la seule entreprise. La
Filpac-Cgt
s'inscrit dans l'action, sur la base de lutte unitaire, seules capables
de favoriser et de satisfaire les revendications des
salariés,
tant au niveau des entreprises qu'à celui des branches
professionnelles»
|
Partie
3
Le salariat de la communication
et de l'information dans la
convergence
numérique
3-1
1. Une approche de la
réalité du secteur
industriel de la communication
et de la
culture
3-2
La
Filpac, conformément à son choix historique de
1986
(fusion FTIP-FFTL), considère que l’industrie
papetière est partie intégrante de ce secteur.
L’industrie papetière en France
représente 22000
emplois directs (un emploi direct induit 4 emplois indirects), 102
entreprises, 125 usines de production de papier, carton,
pâte,
204 machines à papier, une forte implantation locale
répartie en 5 grands bassins papetiers.
3-3
La production annuelle est en 2005 de 10 millions de tonnes, la situant
au 4e rang européen et au 9e
rang mondial.
Par ailleurs, la France se place au 20e rang
mondial pour la consommation annuelle de papier par habitant.
3-4
Les syndicats de la Filpac, dans le secteur papetier, ont su poser
à la dimension requise la question de l’avenir de
la
branche industrielle et de ses emplois.
3-5
C’est la capacité de transformer
l’attaque patronale
sur l’emploi en contre offensive syndicale sur le sort de la
filière entière qui représente une
référence pour l’ensemble de la
fédération.
3-6
Le
secteur des industries de la communication, de l'information et de la
culture.
Trois grandes activités sont englobées par ce
secteur :
- la
conception (ligne éditoriale, espace
publicitaire,
sélection des programmes, programmation…)
- la
fabrication
du contenu
- la
diffusion
(évaluation de la diffusion, diffusion sous des formes et
des canaux divers)
3-7
Conception, fabrication, diffusion, cette trilogie est
présente
dans les secteurs suivants, qui composent le secteur de la
communication et de l'information.
L’industrie de la culture et de la communication se compose
des branches suivantes :
- Impression et industries graphiques
- Spectacle vivant (au sens du conseil national des
professions du spectacle)
- Audiovisuel
- Edition
- Internet
- Publicité
- Agences de presse
- Distribution
3-8
Ainsi répertoriée,
cette
activité représente environ 700 000
salariés, dont
la moitié se situe dans l’édition, la
publicité et les secteurs hors audiovisuel. La fabrication
représente 100 000 salariés environ,
l’Edition 84
000, les agences de publicité 140 000. La distribution
pèse 30 000 salariés, l’impression
reproduction, 18
000.
3-9
2. La
numérisation généralisée
contribue
à la convergence du salariat
de la
Communication
La composition actuelle du salariat des secteurs de la Communication ne
contribue pas à donner à ceux qui y travaillent
un
sentiment d’appartenance à un secteur clairement
déterminé. L’Edition est
marquée par un
salariat féminin très
diplômé,
l’Impression par une classe ouvrière
dotée
d’un BEP, la Publicité répartit sa
main-d’œuvre entre cadres, techniciens,
employés et
peu d’ouvriers…
3-10
Mais la mise en place des
procédés de
fabrication liés à la numérisation
généralisée crée une
nouvelle situation
dans laquelle une identité objective de ce secteur peut
naître, et avec elle le sentiment subjectif
d’appartenir
à un même secteur, ce qui peut devenir un levier
puissant
de syndicalisation, de solidarité, d’action
collective.
3-11
Le moment actuel est celui de la mise en place de bases de
données uniques, susceptibles de traiter
indifféremment
du texte, du son, de l’image (fixe ou animée) au
moyen de
langages unifiés, propres à nourrir tous les
supports,
papiers ou virtuels. Les employeurs et décideurs des
secteurs de
l'industrie papetière, de l'industrie graphique, les
éditeurs de presse, de périodiqºes et de
livres, les
publicitaires et les donneurs d'ordres de ces professions unissent
leurs efforts pour décider de stratégies
d'investissements et de diversification de leur offre pour orienter
leurs activités tant dans le média papier
imprimé
que dans le média numérique. La
première
tâche syndicale déterminée par le VIe
congrès de la Filpac-Cgt consiste à obliger ces
états-majors patronaux à traiter les questions
sociales,
celle de l'emploi en particulier, par la négociation
collective,
tant dans le domaine du média numérique que dans
celui du
média papier imprimé.
3-12
La tendance à
l’uniformisation des
procédés de fabrication, dans
l’industrie
culturelle, dans l’industrie graphique, ou dans celle de
l’information, contribue à faire
apparaître une
similitude de situations des salariés, confrontés
à l’utilisation des outils informatiques modernes.
La
dématérialisation des supports physiques (films,
papier,
livres, etc.) met en place des instruments informatiques qui tendent
à donner une identité d’actes
professionnels aux
opérateurs, qu’ils soient dans le secteur des
industries
graphiques ou celui de la production des biens culturels, par exemple.
3-13
La création d’unités de production
industrielle de grande taille au début du XXe siècle
et la concentration dans ces grandes usines d’un salariat
nombreux ont contribué à forger une
personnalité
nouvelle à une nouvelle classe ouvrière, la
sortant des
petits ateliers du siècle précédent,
favorisant sa
prise de conscience.
3-14
La filière industrielle de la
numérisation dans la Communication peut servir, à
son
insu, de vecteur de construction d’une conscience
d’un
salariat qui peut apercevoir sa propre existence et sa force collective
potentielle.
Qu’une base unique de données et de
procédés
de réalisation soit mise en place dans
l’audiovisuel,
l’information ou la culture, comment regarder
différemment
les opérateurs salariés qui l’utilisent
?
3-15
De manière inéluctable apparaît un
salariat de la
sphère numérique, de la communication, de la
culture et
de l’information, qui tend à trouver une
identité
par la mise en œuvre des moyens informatiques propres
à la
conception, la fabrication et la diffusion de produits informatifs, de
communication et culturels.
3-16
La conscience de l’appartenance à un groupe
professionnel
salarié était hier encore liée
à la
détention de savoir-faire circonscrits et reconnus dans un
périmètre historique stable (professionnels de la
chose
imprimée – édition et presse
–, de la
télévision, de la radio, du disque, etc.). En
découlait le contour des organisations syndicales qui
reproduisaient en leur sein les frontières corporatives (un
diplôme, un métier, un syndicat).
3-17
Les modes opératoires pour concevoir, fabriquer et diffuser
des
productions culturelles, informatives ou publicitaires tendent
à
se confondre, tant le numérique opère une
convergence
globale.
3-18
Le développement du livre numérique (e-book), de
l’e-paper, du trafic (sites et blogs) sur Internet, des
récepteurs portatifs (téléphones,
petits
ordinateurs…), des produits culturels,
d’information et de
communication en ligne, de la VPC en ligne, modifient non seulement
l’approche de ces biens du point de vue de
l’acquisition
des connaissances en général, mais aussi du point
de vue
de leur production.
Décision
6
3-19
«Réaffirmant sa
perspective d’un syndicalisme
rassemblé et son attachement à une
démarche unitaire avec toutes les
organisations syndicales disponibles pour réaliser
l’unité, le VIeCongrès
de la Filpac-Cgt considère de son devoir,
conformément à son
héritage historique, de contribuer à la
convergence des
revendications du salariat de la communication et de l'information.
Il
se propose
de participer à l’effort collectif concernant la
question des
qualifications, des formations adéquates, de la
syndicalisation.
3-20
Devant l’ampleur de la tâche, et la nature
même de ce salariat, la
Filpac-Cgt estime que la réalisation de cet objectif passe
par une
extension et un redéploiement de son champ de
compétence, et par un
partage de cette mission de syndicalisation, notamment avec
d’autres
structures de la Cgt, déjà présentes
sur une partie du salariat
considéré.» |
Retour au
sommaire
3-21
3. Nouvelle donne
démocratique à l’ère
numérique ou galerie marchande
de la
vente en ligne ?
La
généralisation de l’usage du
réseau Internet
et la numérisation
généralisée dans un
cadre économique marchand reposent avec force la nature de
l’information et de son pluralisme.
3-22
Ce qui se déverse sur Internet et qui
prétend
être de l’information ne mérite ce nom
que si elle
est labellisée comme telle. Dans le trafic sur Internet,
à peine 2% des nouvelles sont passées par le
filtre de
professionnels compétents pour leur donner une
qualité
d’information vérifiée.
3-23
Mais globalement, l’offre
d’informations, de biens culturels,
d’éducation et
de loisirs se démultiplie, croit et grandit avec Internet.
La
numérisation généralisée
constitue une
nouvelle donne, qui pose en termes nouveaux les relations entre
médias transportés par un réseau qui
est
lui-même le média des médias.
3-24
Un trafic considérable et tout azimut se répand
sur le
réseau mondial informatisé aux multiples usages :
s’y mêlent la vente en ligne, la
publicité, les
échanges commerciaux ou gratuits de fichiers au contenu
culturel
ou de loisirs, l’expression de blogueurs soucieux de trouver
un
lieu de débat libre, la mise à disposition
gracieuse ou
payante de fonds d’archives, de données
scientifiques,
et… tout le reste.
3-25
De plus, le flux informatique en réseau développe
une
forme numérisée de
l’éducation : les
éléments éducatifs vont trouver une
place
grandissante sur la toile, qu’ils soient
encouragés par
l’Education nationale ou par les marchands de
l’école privée.
3-26
La
société de l’information ne se
déduit pas
automatiquement du recours systématisé aux
transactions
sur Internet. L’usage de la
technologie est ouvert,
et ne dit rien par lui-même de la nature de la
société qui l’entoure. Le nouveau
défi
s’énonce comme suit :
- ou bien Internet est annexé comme un
espace
marchand, une
galerie virtuelle où tout n’est que transactions
commerciales,
- ou bien il représente une aubaine
démocratique sans
précédent pour démultiplier
l’offre
démocratique et pluraliste d’information, de biens
culturels et d’éducation.
3-27
Comme la presse écrite est un enjeu démocratique
permanent, le Net devient un terrain d’affrontement entre
démocratie et libéralisme.
3-28
La généralisation
du recours au
réseau Internet, d’emblée
mondialisée,
représente un enjeu économique. Mais les
bouleversements
introduits par les technologies numérisées
dépassent de loin cette seule question
économique. Ils
concernent :
3-29
– Le rapport au savoir,
à la connaissance, à
l’éducation passe par le Net.
– La
représentation de l’espace, de la
réalité et
du temps.
Il s’agit moins d’une
«société de
l’image» qu’une
société où,
soudain, l’écriture imprimée
n’est plus le
point de passage obligé pour apprendre, s’informer
et
savoir.
3-30
Ceux qui embrouillent à
dessein la question
sous le vocable de «société de
l’information» sont ceux qui sont
pressés de rompre
les barrières entre publicité et information, et
qui
estiment que la marque commerciale possède la
qualité de
labelliser une donnée comme étant une
information, un
savoir, etc.
3-31
Pas plus sur le Net que dans la vie, la
marque
commerciale n’incarne la vérité, la
qualité,
le respect social et de l’environnement. Internet est un lieu
ordinaire où, pendant les connexions, l’argent
circule et
les propriétaires continuent de chercher de la valeur
ajoutée, malgré le mythe de la
gratuité.
3-32
L’avènement de
l’ère
numérique amène la Filpac-Cgt à
utiliser son
héritage historique pour en déduire deux
tâches
principales :
– La possibilité de
conquérir de nouvelles qualifications, de nouveaux
métiers, de nouvelles places dans les secteurs de la
communication, de l’information, de la publicité,
de
l’éducation. Cette faculté à
anticiper les
innovations, à y rebondir et à proposer les
formes
syndicales qui s’imposent est une qualité de la
Filpac
qu’il convient en cette circonstance de développer.
3-33
–
La reprise de la bataille démocratique pour une information
pluraliste, accessible au plus grand nombre, respectueuse de la
diversité des opinions. De ce point de vue, la
définition
du pluralisme ne peut plus se réduire à une
diversité suffisante de titres de presse, ou un temps
d’antenne plus ou moins objectivement réparti
selon les
courants de pensée.
3-34
La
question du label représente un enjeu immédiat
à l’ère numérique.
Les libéraux estiment que l’information sur le Net
est
reconnue comme telle si elle répond à
l’acte
professionnel traditionnel de vérification. Ils insinuent
par
là que les journalistes ne sont plus nécessaires,
dépassés par les journalistes citoyens ou les
agrégateurs automatiques d’infos, comme Yahoo ou
Google.
3-35
Ils établissent
également un autre
dogme : ce qui est labellisé par la marque
d’information
est forcément de l’information. Il suffit
qu’un
titre donne sa marque à un site, un blog, un produit
à
vendre, pour que le tout devienne de l’information ou du
produit
de qualité. La Trade Mark – la marque commerciale
–,
pour les libéraux, constitue le nouveau label.
3-36
Pour la Filpac-Cgt le label contient à la fois la
désignation d’une information recueillie et
vérifiée par des professionnels
patentés,
délivrée par une société
qui respecte les
normes sociales et d’environnement pour la produire et la
distribuer.
3-37
Le label n’est pas seulement
une marque de
qualité de l’information, ou du produit
proposé, il
s’étend à la notion de charte sociale
des rapports
entre salariés et employeurs (respect de la convention
collective, des tarifs salariaux, du statut du travail
salarié,
etc.). Cette définition du label
s’étend à
toutes les sociétés de la communication, de
l’information, de la culture et de
l’éducation.
Trade mark – marque commerciale – contre label
professionnel et social, l’ère
numérique fait
rebondir cette question désormais centrale, dans le
foisonnement
du trafic informatique en ligne.
|
Décision 7
3-38
«Pour le VIeCongrès
de la Filpac-Cgt, l’avènement
de l’ère numérique
représente à
la fois une possibilité d’étendre son
intervention à de nouveaux
secteurs professionnels en constitution, et une relance de sa bataille
pour le pluralisme et la diversité des opinions dans les
médias. Il ouvre à cet effet le chantier d'un
nouveau
label, dont il fera une bataille intersectorielle, une fois les
conditions requises.
3-39 La
Filpac-Cgt refuse d’amalgamer révolution
numérique et libéralisme. Le
congrès de la Filpac-Cgt se fixe pour but de reconstruire un
mouvement
majoritaire pour le pluralisme de l’information à
l’ère numérique. Il
opte pour une utilisation démocratique des
réseaux numérisés contre
leur appropriation par les groupes qui dominent la communication,
l’information, les biens culturels.
3-40 Historiquement soucieuse
d’éducation professionnelle, la Filpac-Cgt
veillera à son prolongement
à l’ère numérique, de
façon à maintenir sa cohérence avec
les exigences
professionnelles et l’intervention syndicale.»
|
Partie
4
La
Fédération :
utile pour les
salariés,
outil pour les syndicats
Retour au
sommaire
4-1
LA
FILPAC a été créée en 1986,
par
l’unification de deux Fédérations,
celle des
industries papetières et celle des travailleurs du Livre. En
21ans, elle a beaucoup changé : elle a, comme tout le
syndicalisme, subit les effets des restructurations, des plans sociaux,
qui se sont soldés par une baisse importante du nombre de
syndiqués.
4-2
Elle s’est également
redéployée dans de
nouvelles activités, s’est renforcée
dans
d’autres. Elle a pu accueillir dans le champ syndical un
salariat
différent de celui qui caractérisait la
sociologie des
industries à la base de la création de la Filpac.
4-3
Et pourtant, il reste un défi
essentiel
à relever : apparaître comme une structure utile
aux
salariés pour défendre leurs
intérêts et,
pour cela, être plus que jamais un outil pour les syndicats
et
les structures syndicales agissant sur le lieu de travail.
4-4
La Filpac de 2007 est une organisation rassemblant des branches
multiples de la communication. Pour la
Fédération, cette
filière de la communication débute avec la
fabrication de
la pâte et du papier, – car ce support reste la
base
essentielle de l’appropriation des connaissances, du
débat
d’idées, de la diffusion de
l’information et de la
culture…
4-5
Elle regroupe les industries graphiques
et leur
déclinaison numérique, les activités
éditoriales sur l’ensemble des supports, la
création et l’élaboration de la
publicité,
sa diffusion. Elle est présente et active dans toutes les
formes
de distribution du papier, du livre, des différentes formes
de
presse…
4-6
Priorité
des priorités :
construire
l’organisation des 700 000 salariés
La chose n’a pas changé : quelles que soient les
capacités du syndicalisme Cgt de prendre en compte les
nouvelles
réalités sociales et économiques, le
socle, les
fondations de l’édifice
fédéral
résident dans le nombre de syndiqués qui le
constituent.
4-7
L’influence syndicale,
mesurée par les
élections professionnelles, et le poids des élus
et
mandatés dans l’opinion de l’entreprise,
des
salariés, sont évidemment des
éléments qui
comptent.
4-8
Mais à elle seule, cette influence est insuffisante pour
conférer à l’organisation syndicale la
force dont
elle doit se doter pour atteindre ses objectifs et pour peser sur le
cours des choses.
4-9
La fédération et ses syndicats, par le
présent
congrès fédéral,
définissent la
syndicalisation, c’est-à-dire le
développement du
nombre d’adhérents, comme une tâche
spécifique, particulière, faisant
l’objet
d’un effort organisationnel tout spécial. Pourquoi
une
telle attention ?
Notre champ fédéral se situe dans une
filière qui
touche des activités économiques et sociales
fondamentales pour le développement de la
société.
4-10
Les contenus de l’information, de la culture, de
l’éducation, des loisirs, du divertissement, sont
déterminants pour la nature de la
société que nous
voulons. La Cgt, en tant qu’organisation syndicale doit y
être fortement organisée.
4-11
Les industries, branches, secteurs et
services
couverts par le champ fédéral sont multiples et
sont dans
une filière en pleine expansion ; nous ne sommes pas dans un
espace en voie de disparition. Il change certes, parfois
profondément, mais il est constitutif de la
société française et
européenne de ce
siècle qui vient de débuter.
4-12
On peut chiffrer à sept cent mille le nombre de
salariés
constituant l’ensemble de ces activités. Le taux
de
syndicalisation est très divers selon les secteurs mais
globalement, les 18 000 FNI actifs de la Filpac donnent une indication :
4-13
- nous
sommes en deçà du taux de syndicalisation moyen
existant
en France (9% toutes organisations confondues) ;
4-14
-
pourtant, selon les statistiques officielles des élections
des
comités d’entreprise, la Cgt a la plus forte
influence
dans les industries papetières et les industries graphiques
la
situent à la troisième place.
L’écart entre
notre influence et notre syndicalisation dans les entreprises est
considérable ;
4-15
- le
nombre à venir de départs en retraite, qui
affecte
l’ensemble du salariat sous la rubrique «papy
boom»,
va considérablement peser sur les organisations de la
fédération. Ce facteur
«départs massifs en
retraite» est donné par la classe
d’âge, mais
ne saurait être pris comme une fatalité conduisant
inéluctablement à une rupture de
génération, voire à
l’extension de
déserts syndicaux.
4-16
- Nos
propres résultats dans les élections
professionnelles
dans des secteurs comme l’édition
littéraire ou la
publicité, où nous étions
traditionnellement
minoritaires, sont en train d’inverser le cours des choses.
Des
progressions importantes sont constatées dans des
entreprises
significatives de ces secteurs, tant dans l’influence que
dans la
syndicalisation.
4-17
- Notre
champ fédéral est d’une
diversité
extrême: par l’activité qui se
déploie, par
le salariat qui le compose, par des cultures syndicales parfois
très différentes. Cela n’est pas un
handicap, mais
plutôt une richesse. Encore faut-il en tenir compte et ne pas
vouloir imposer une uniformisation dans l’organisation, le
fonctionnement, le débat revendicatif…
4-18
L’activité spécifique envers les
ingénieurs,
cadres, techniciens et agents de maîtrise, la prise en compte
des
problèmes et revendications des techniciens, la bataille
autour
de la responsabilité sociale des cadres, font partie des
clés pour renforcer la Fédération.
4-19
Augmenter notre nombre de syndiqués est urgent et
existentiel
pour la Fédération. Il faut innover en la
matière.
Toutes les nombreuses campagnes de syndicalisation lancées
tant
par la Confédération que par la
Fédération
n’ont pas porté suffisamment leurs fruits.
L’analyse nous conduit à deux constats :
4-20
L’une des
conséquences de
l’offensive patronale consiste à faire redescendre
la
négociation au seul plan de l’entreprise, et
d’autonomiser les relations sociales à cet
échelon-là.
4-21
En
conséquence, les militants croulent sous les agendas de
réunion, et par ce moyen le patronat pèse
directement sur
la vie syndicale. En raison de cet activisme, les collectifs militants
tendent à se réduire à quelques
délégués les plus actifs, et les
adhérents
sont traités comme les autres salariés,
informés
et consultés au seul rythme des réunions des
institutions
représentatives de l’entreprise.
4-22
Comment dès lors concevoir
une campagne de
syndicalisation reposant sur des équipes
surchargées ?
D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de
l’entreprise où la Cgt est
déjà
implantée, mais de bien d’autres, qui ne
bénéficient pas de la présence
syndicale.
4-23
Trop souvent, les initiatives de
syndicalisation
sont lancées par une instance de la Cgt sans que cela soit
nécessairement une démarche coordonnée
avec toutes
les organisations concernées ; en outre, elles sont le plus
souvent limitées dans le temps alors que traiter en
profondeur
la syndicalisation nécessite du temps et de la
continuité
dans l’action. Ce que nous considérons comme une
tradition
française (un syndicalisme d’influence avec peu
d’adhérents) est bien plus lié
à une
insuffisante prise en compte de l’indispensable
corrélation entre l’action et
l’organisation.
4-24
Nombre de salariés sont persuadés
d’«être Cgt» car ils votent
pour notre
organisation… sans que nos militants ne corrigent
nécessairement ce contresens.
4-25
La Fédération
conçoit cette
tâche de syndicalisation comme un impératif
d’autant
plus catégorique que, souvent, le pli a
été pris
de se contenter d’organiser, même fortement, une
petite
partie, minoritaire, du salariat de l’entreprise.
4-26
Orienter la Fédération et ses organisations vers
l’extension du nombre d’adhérents,
c’est
rompre l’écart entre l’intention
déclarée et la concrétisation.
4-27
Nous
voulons, avec les syndicats,
revoir fondamentalement
notre approche
de la syndicalisation.
4-28
Donner
au syndicalisme de masse sa vraie dimension : on peut être
adhérent à la Cgt sans nécessairement
partager
toutes ses orientations, on y a sa place quelles que soient ses
convictions politiques ou religieuses, il suffit
d’être
salarié et de vouloir défendre ses droits et ses
intérêts, dans le respect des valeurs humanistes
et
internationalistes portées par la CGT, en fonction de ses
idéaux de liberté,
d'égalité, de justice,
de laïcité, de fraternité et de
solidarité.
Cela signifie, parfois, corriger une image d’une Cgt
refermée sur ses principes politiques, efficace certes,
nécessaire indiscutablement, avec laquelle on peut,
ponctuellement faire un bout de chemin, mais pour y
adhérer… cela est une autre histoire.
4-29
Paragraphe supprimé
4-30
Nous avons besoin d’une Filpac ouverte, accueillante pour
l’ensemble du monde du travail, dans toute sa
diversité,
pour gagner à la syndicalisation.
|
Décision 8
4-31
«Pour lancer
une campagne de syndicalisation permanente, il faut que
l’organisation
regroupant l’ensemble des syndicats, la
Fédération, en prenne
l’initiative et le suivi sur la durée. Dans cet
objectif, le VIeCongrès
décide la mise en place, à
l’échelon
fédéral, d’une équipe de
militants chargés, de façon
spécialisée, de
la syndicalisation. Il
appelle les syndicats à mettre à disposition des
femmes
et des hommes
qui composeront cette équipe. Celle-ci travaillera sur des
objectifs
proposés par les secteurs d’activité et
adoptés par le Comité exécutif
national. Cette direction nationale devra responsabiliser les
directions des syndicats de la Filpac sur l'enjeu essentiel de la
syndicalisation, bataille qui passe par les efforts de tous.
4-32 La
fédération développera
des actions particulières
dans le cadre de la syndicalisation des ICTAM à travers son
outil spéciphique. Toutes les campagnes
seront coordonnées avec les structures syndicales du champ
territorial.
La Fédération apportera la dimension
professionnelle, élaborera du
matériel, des méthodes, pour cette campagne. Les
militants
‘syndicalisateurs’
bénéficieront d’une formation syndicale
générale de
syndicalisation et particulière à
l’objectif retenu.»
4-34
SYNDICALISATION DES JEUNES
«Le VIe Congrès mandate la direction
fédérale pour la mise en œuvre de la
décision du Comité général
de 2004 sur la
syndicalisation des jeunes en formation première dans les
lycées professionnels, les centres d’apprentissage
et les
écoles professionnelles de nos industries et
branches.»
4-35 SYNDICALISATION DES FEMMES
SALARIEES
«Des initiatives particulières doivent
être prises
pour accélérer la syndicalisation des femmes
salariées en s’appuyant
particulièrement sur la
lutte pour l’égalité professionnelle.
Le VIe
congrès mandate le secteur Organisation de la
Fédération et le secteur chargé de
l’activité vers le salariat féminin de
mener des
campagnes adaptées à l’adresse de cette
catégorie de salariés.»
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