Interventions secteur distribution

INTERVENTIONS SUR LA DISTRIBUTION
6e CONGRÈS de la FILPAC-CGT 
5 - 8 NOVEMBRE 2007


Pascal Le Boulch
Chers camarades,

J’aimerais évoquer à cette tribune les principales actions qui ont été menées ces derniers mois par la commission distribution de la fédération.
Je commencerai par une présentation des grands axes d’intervention de la commission. Je présenterai ensuite les résultats les plus intéressants. Et je conclurai sur les chantiers qui devront être engagés au cours des années à venir.

I) S’agissant tout d’abord des grands axes d’intervention.

Les actions qui ont été conduites par la commission peuvent être présentées en suivant 3 grands axes :

Le 1er axe, la syndicalisation.
Ce premier axe comprend deux types d’actions :

  1. Premier type d’action : le travail effectué au niveau de la base  pour faire connaître la Filpac dans des secteurs qui étaient totalement « vierges » syndicalement, comme c’était le cas de la majorité des dépôts de presse du niveau 2 et de certaines plateformes de distribution directe ;
  2. Deuxième type d’action : le travail effectué en vue de susciter la création de nouveaux syndicats affiliés à la Filpac-Cgt.

2e axe d’intervention : le soutien à l’action syndicale.

  • Par la création de sites Internet : notamment pour les collectifs Adrexo et Mediapost, pour le Niveau 2, pour les MLP, ou encore pour les porteurs de presse.
  • Par la mise à disposition de ressources en ligne : formulaires, textes d’accords et de conventions collectives, fiches pratiques sur le droit du travail.
  • Par l’organisation d’un travail en réseau.
  • Par l’aide à la rédaction de courriers, de tracts ou de déclarations.
  • Par des interventions directes lorsque cela a été nécessaire, notamment lors de conflits, comme récemment à Pau.
  • Par la mise en place d’élections professionnelles.

3e axe, la mise en relation de syndiqués et de militants issus de secteurs différents de la distribution, en vue de leur faire prendre conscience d’une communauté d’intérêts et des gains à attendre, dans certains cas, des échanges d’expérience et d’une action concertée.


Par exemple : à Nice, à Bordeaux, à Calais et à Clermont-Ferrand, nous avons réuni les responsables des UL ou des UD, les représentants des syndicats des entreprises de presse régionales, les porteurs de presse, les salariés du niveau 2, et les salariés de la distribution directe.

II) S’agissant maintenant des principaux résultats obtenus : ils peuvent être résumés en 6 points :

1er point : la résolution de conflits
Par exemple :
    - Au dépôt de presse de Cannes où les problèmes ont pu être résolus en amont du conflit grâce à l’intervention de Yolande Guinle du dépôt de Tarbes, d’Hervé Callet de la SAD de Bordeaux et de Pascal Wright du Comité Inter et grâce également à la solidarité des camarades de la SAD de Nice.

- À Matin Plus où, grâce à l’autorité et au doigté de
Najib Bouslim, nous avons réussi à éviter une escalade du conflit qui aurait pu bloquer l’ensemble de la distribution à l’imprimerie du journal Le Monde.

- À Pau où Jean-Louis Ornecq et Mario Ciona ont fait reculer la direction d’Adrexo et ont permis aux salariés de la plateforme en grève d’obtenir satisfaction sur la quasi-totalité de leurs revendications.
À ce propos, je signale que la plateforme de Pau est en passe de rejoindre le collectif Filpac-Cgt.

2e point important : la signature d’une convention collective dans le portage de presse.
Cette signature est intervenue après plusieurs années d’efforts soutenus, coordonnés principalement par Jean-Pierre Combébiac. Elle permettra enfin à l’ensemble des salariés des entreprises de portage de bénéficier de droits élémentaires en matière de protection sociale et de conditions de travail. Elle mettra fin surtout au scandale du travail à la tâche dans ce secteur d’activité en définissant une rémunération basée sur un temps de référence qui devra prendre en compte l’encartage et le nombre d’exemplaires à distribuer.

3e point méritant l’attention : la redynamisation de l’activité syndicale aux MLP.
La CGT était en perte de vitesse aux messageries lyonnaises de presse et la direction en profitait pour harceler les quelques camarades qui résistaient encore.
Le secrétaire général de la Filpac est intervenu personnellement auprès du directeur des MLP pour faire cesser les pressions exercées sur nos camarades.
Nous avons également apporté une aide à la communication syndicale via la rédaction de tracts et la création du site Internet MLP-CGT.
Après l’organisation d’une réunion Filpac dans les locaux même des MLP, les militants ont décidé de créer un syndicat d’entreprise afin d’augmenter l’influence de la CGT au sein de leur entreprise.

4e point : au niveau régional 
Cinq régleurs distributeurs ont été embauchés en CDI au statut presse parisienne pour la distribution des quotidiens gratuits. Cet acquis est à mettre au crédit du Comité inter et des actions qu’il a menées à Paris à l’arrivée de cette nouvelle forme de presse.

5e point : travail interfédéral avec la FAPT
Ce travail interfédéral a permis à la CGT de devenir, la première organisation syndicale aux dernières élections professionnelles de Mediapost.

Enfin, dernier point important : les progrès de la syndicalisation des dépôts de presse niveau 2.
Ces progrès engendrent un gain d’influence sensible de la Filpac dans un secteur dont vous savez qu’il est très dispersé et particulièrement difficile à pénétrer.
Cependant, le travail syndical semble payer puisque nous constatons une accélération des adhésions ces dernières semaines, et plusieurs dépôts se sont rapprochés de nous et sont intéressés par notre projet d’organisation et nos axes revendicatifs. Je veux parler plus particulièrement des dépôts de Quimper, d’Aix en Provence, Calais, Clermont-Ferrand, Cannes…

III) Je termine en évoquant les principaux chantiers des années à venir.

Outre la poursuite des actions déjà engagées,
Il conviendra tout d’abord de travailler à :
  • La défense et l’amélioration de la convention collective de la distribution directe non adressée (PNA).
  • L’intégration de la distribution sur liste (ou distribution adressée) à cette convention collective de la PNA.
Il nous faudra également investir le secteur du portage de presse, un secteur qui va être en plein essor, où se trouvent de nombreux salariés non syndiqués. Une convention collective pour ces salariés a été signée, j’en ai parlé plus haut, mais il est essentiel qu’une Filpac forte soit présente dans ce secteur pour faire respecter les droits des travailleurs.

Nous devrons nous atteler à la mise en place d’une convention collective du niveau II. De plus, le futur plan des NMPP (Défi 2010) prévoyant une réduction sensible des dépôts de presse, nous devons absolument être présents dans les négociations, et en force, pour des raisons évidentes…
Enfin, comme l’a démontré Jean-Pierre Combébiac dans son rapport d’activité du secteur de la distribution, il nous faut impérativement nous implanter dans le secteur de la logistique de communication écrite directe. Nous devons à tout prix prendre pied dans ce secteur en plein développement et la Filpac devra tout particulièrement s’attacher à la réalisation de ce projet.

Je suis donc bien évidemment d’accord avec les futures orientations de notre fédération synthétisées par l’affiche du 6e congrès de la Filpac qui précise :


NOUVEAUX ESPACES
NOUVEAUX DÉFIS
NOUVEAUX ESPOIRS


Vive la Filpac-Cgt et son 6e congrès !
Vive la CGT !



Yolande Guinle

Bonjour,


Je m’appelle Yolande GUINLE secrétaire du syndicat CGT de Tarbes Diffusion Presse qui compte 10 syndiqués dont 7 issus de l’entreprise et 3 dits « syndiqués isolés » rattachés par mon union locale à mon syndicat.

Je souhaite intervenir sur la distribution de la Presse qui n’appartient pas à la distribution directe car certes nous distribuons mais un dépôt de Presse assure la logistique et physique et comptable de la presse payante.

Les dépôts de Presse sont des entreprises sous-traitantes des Messageries de Presse (principalement les N.M.P.P, Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne mais aussi M.L.P., Messageries Lyonnaises de Presse) qui dépendent plus ou moins d’elles selon que les capitaux proviennent ou pas des Messageries.
Depuis plusieurs années, sous prétexte d’économies, accompagné également de la baisse régulière de la commission versée aux dépositaires, se pratiquent des rattachements de dépôts (dus soit à des départs en retraite soit par décision unilatérale des NMPP). Aujourd’hui, il ne reste plus que 190 dépôts dont 50 sont soit filiales directes des NMPP, soit gérés par celles-ci et donc 140 dépôts privés.

Je travaille dans un de ces derniers : le dépôt de Tarbes.

Tarbes et Ponlat (à côté de Montréjeau) sont distants de 60 kms avec un nombre équivalent et de diffuseurs (120 chacun) et de kilométrage de tournées (1000 kms/jour chacun) situés principalement en zone montagneuse. Le dépositaire de Ponlat décide de prétendre à sa retraite et donc en toute logique les NMPP demandent à Tarbes de rattacher le dépôt de Ponlat à la condition de construire un dépôt neuf et de partir de Tarbes à Ponlat. Sauf que après étude comptable, il s’avère que l’opération n’est pas viable économiquement (il y a plus de charges que de rentrées) et ce en serrant au maximum au niveau du personnel.
Ma direction s’est donc vue obligée de refuser cette offre mais a proposé une solution alternative, élaborée avec les salariés, à savoir l’éclatement du réseau des diffuseurs sur 3 dépôts (Tarbes, Foix et Toulouse) car il se trouve que le dépôt de Ponlat dessert 3 départements (ce qui au niveau du territoire n’est pas logique), solution dont les Messageries ne veulent bien entendue ne pas entendre parler.

Si je vous raconte cela, c’est pour pointer du doigt plusieurs points : oui, la responsabilité des donneurs d’ordre, ici les Messageries, est plus qu’engagée car ma direction ne fait que subir des choix économiques purement financiers qu’elle n’a pas choisis et à aucun moment la question sociale n’a été abordée. Et aux vues de la réduction du nombre de dépôts envisagée dans le projet « Défi 2010 » des NMPP, le cas de Tarbes ne sera malheureusement pas un cas isolé. D’ailleurs ce projet sur lequel la section CGT des Messageries NMPP a sorti un 4 pages qui a été distribué dans les SAD, SPPS et dépôts gérés mais a oublié les salariés des dépôts privés, des fois que cela puisse les intéresser, d’autant que ce sont eux qui vont en payer le prix fort.

D’ailleurs Rémy Pflimlin, directeur des NMPP déclarait récemment, je le cite :  « Il n’empêche, il faut maintenant faire passer le volet social de la restructuration engagée aux NMPP avec la réduction de 190 à 135  du nombre de dépôts » et de rajouter « nous entamerons dans les prochaines semaines des discussions avec les partenaires sociaux ». Ah oui, et lesquels ? car aux différents courriers envoyés par la FILPAC à se sujet, les NMPP ont répondu que ce n’était pas de leur ressort puisque nous n’étions pas des salariés à eux. Il semble que ce discours soit partagé par la section CGT des Messageries puisque nous n’avons pas eu droit au 4 pages du plan « Défi 2010 ».

Pourtant je suis bien syndiquée à la CGT dont la base principale est la solidarité, me semble-t-il.

Je pense qu’avant d’aller syndiquer dans les secteurs émergents dépendants de la FILPAC, il y a encore un travail à faire dans les branches existantes car pour avoir été, ces derniers mois, grâce à la création par la Fédération d’une commission distribution, à la rencontre des salariés, les attentes sont fortes et le sentiment de désarroi et d’isolement est grand. Les réflexions à tirer de tout ce que je viens de dire sont :

  • qu’il faut revenir aux notions de base du syndicalisme CGT à savoir la défense et la sauvegarde de nos emplois sur nos territoires car il en va aussi de la garantie du pluralisme de la Presse ;
  • que les salariés ont leur mot à dire dans les choix et orientations économiques faits dans leurs entreprises et que les décisions prises par les donneurs d’ordre ne sont pas toujours bonnes. Et dans les dépôts privés où travaillent des salariés sans statuts, nous sommes bien en phase avec la confédération sur le nouveau statut du travail salarié et la sécurité sociale professionnelle et l’obtention de droits nouveaux. On ne peut impunément nous jeter comme de simples « kleenex », sans aucune reconnaissance de notre expérience et de notre savoir faire, alors que pendant des années nous avons fait gagner du fric en nous pliant aux contraintes et autres imposées par les Messageries. Mais il arrive un moment où il faut dire stop et c’est le moment de dire stop ;
  • concernant les rattachements futurs et puisque les NMPP se disent prêtes à discuter avec les partenaires sociaux, la FILPAC doit organiser de toute urgence une réunion avec les salariés concernés afin de porter et faire aboutir leurs attentes et leurs revendications car la FILPAC doit s’imposer comme partenaire avec qui négocier. Je tiens également à demander, si vous en êtes d’accord, qu’une motion soit établie lors de ce congrès où l’ensemble des syndicats CGT adhérents à la FILPAC exige : l’ouverture immédiate de négociations avec les donneurs d’ordre, les organisations syndicales salariales et patronales afin d’établir une convention collective garantissant un statut social comprenant le niveau de salaires et l’évolution de carrière, la reconnaissance de la pénibilité et donc un droit à la retraite anticipée pour certaines catégories de personnel, l’accès aux caisses sociales professionnelles, le droit à la formation, la sécurisation des parcours professionnels… et que la FILPAC soit partie prenante dans tout projet de rattachement afin que dans toute fusion-acquisition la question sociale soit primordiale et prioritaire.


Pour finir, l’état d’esprit des salariés de mon dépôt est imprégné de beaucoup d’inquiétudes mais nous sommes décidés à nous faire entendre (nous avons d’ailleurs sorti un tract à ce sujet) et localement, nous devrions avec les diffuseurs tarbais faire prochainement une déclaration commune dans la presse locale sur les enjeux et les conséquences néfastes auxquelles conduiraient la disparition du dépôt de Tarbes, afin d’interpeller, élections municipales obligent, nos élus locaux. De même que tous les messages de soutien seront les bienvenus.

Je retiendrai 2 expressions de ce congrès :

  • nouveaux défis : anticiper, défendre nos emplois et nos territoires
  • nouveaux espoirs : sécuriser les parcours professionnels pour tous et ne plus accepter les intérêts financiers avant la question sociale.


Je tiens à remercier le SILPAC 31 sans lequel je n’aurai pu participer à ce congrès car les moyens de mon syndicat ne me l’auraient pas permis et je tiens à remercier aussi la Fédération qui a su m’accueillir, m’écouter et m’apporter son aide dans mon travail syndical.

     VIVE LE 6e CONGRÈS !

VIVE LA CGT !


2008 LE BOULCH Pascal.
dernière mise à jour: 18/12/08; 2:50:42.
0 page lues.